Je suis toujours surpris de la manière dont – et avec quelle violence – les
dirigeants politiques traitent la question de la délinquance dans notre pays.
Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, mais nous ne pouvons pas considérer un enfant comme un adulte. Et au delà de cela, nous devons absolument considérer l’environnement.
La volonté de Rachida Dati de vouloir réformer l’ordonnance sur les mineurs du 2 février 1945, par le retour de la maison de correction face à la montée de la délinquance, est à mon sens de très
mauvais goût. J’ai été étonné par le « bon sens » de notre Garde des Sceaux, Mme. Dati, qui prétend : « dire qu’un mineur d’aujourd’hui peut justifier une sanction pénale à
partir de 12 ans me semble correspondre au bon sens. »
En période de crise, la génération montante, dans le désespoir de ne pas voir un avenir viable se dessiner à eux, peut effectivement se perdre.
La question que nos dirigeants doivent mettre sur la table, ce n’est pas seulement de sanctionner toujours plus tôt mais d’offrir un système d’éducation républicain afin de permettre un nouvel horizon à cette jeunesse désemparée.
Beaucoup l’auront déjà constaté, l’ascenseur social est en panne, et même il descend en masse.
Lors de mes différentes expériences professionnelles, j’ai travaillé auprès d’enfants et de jeunes de 3 à plus de 18 ans, et j’ai pu constater plusieurs choses et j’aimerais vous en faire part, je n’ai pas l’ambition de mener une étude sociologique exhaustive.
Le cadre social et familial
L’argent ne rend pas forcement un enfant ou un jeune heureux, loin de là, mais il est vrai que des familles plus fortunées peuvent se permettre des écoles privées où les élèves seront soutenus,
encadrés et autres ; c’est le business des écoles privées. Alors, même un jeune en difficulté sera accompagné, afin qu’il ne fasse pas trop d’erreurs jusqu'à l’obtention du diplôme tant
désiré par la famille ; bien sûr, il existe toujours des exceptions.
Il y a d’autres éléments. Par exemple – un que je tiens à mettre de l’avant – les cas de jeunes problématiques que j’ai rencontrés sont souvent dûs à des cas de conflits familiaux ou de familles
monoparentales ou recomposées. Notre ère a balayé la famille nucléaire classique, et les vraies victimes de ce comportement ce sont les enfants, on entend dire « oui tes parents se séparent
ce n’est pas de ta faute, ils t’aiment toujours ! » Mais il n’en reste pas moins que certains enfants sont en manque de repères maternels ou paternels et se lancent dans de drôles
d’aventures pour se faire remarquer. Cependant, ici aussi, il existe aussi toujours des exceptions, tous les enfants de divorcés ou de familles recomposées ne finissent pas délinquants.
L’élément culturel
Les enfants de notre société sont surexposés très tôt à une dure violence, souvent par le biais de la télévision, des jeux vidéo violents ou encore d’internet ; je ne sais pas comment
protéger efficacement les jeunes. De nombreux experts de la jeunesse ont déjà pointé du doigt ce problème. Il revient aussi souvent sur la table lors des massacres réalisés par des jeunes dans
des écoles comme aux USA on en Finlande.
L’élément juridique
Depuis déjà quelques décennies, on tente de transférer les responsabilités éducatives des parents, des professeurs, et autres vers l’Etat et la Justice. Souvenez-vous de ce professeur exposé
devant toutes les caméras de France pour avoir mis une baffe à un enfant qui l’avait traité de con. C’est étrange que la Justice ait été mêlée à cette histoire, je ne pense pas que ce soit de son
ressort. Je ne prône pas la maltraitance des enfants par les adultes, mais une certaine conception de respect que doit l’enfant à l’adulte.
Génération sans avenir
On ne peut pas mentir aux enfants ou aux jeunes, ils pressentent le monde qui vient, ils pressentent qu’il n’est pas accueillant, que rien n’a été fait pour les accueillir. Aujourd’hui, l’école
est un lieu de triage pour ceux qui pourront réussir, ils deviendront contrôleurs sociaux, c’est ainsi que nous développons un esprit de requin. Ou alors ils échouent au bord du chemin par un
échec scolaire qui renvoie souvent à un échec professionnel et seront socialement contrôlés par leurs collègues qui auront réussi. Voici une société qui génère tant de frustration.
Notre culture devra se soigner du malaise qui dure depuis la fin des années soixante, rentrée dans l’air du plaisir immédiat et du développement personnel, les citoyens ont oublié de construire
un monde pour leurs enfants, nous sommes dans une société du court terme, ce court terme a engendré un effondrement général économique, politique, culturel et moral.
David C.
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Krach 1995 - 2008 :
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